Environnements d'écriture numérique et production du sens
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0000-0002-3519-4365Contributor(s)
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Keywords
- Modèle textuel
- Écriture numérique
- Digital textualities
- Editorialization
- Neomaterialism
- Éditorialisation
- Néomatérialisme
- MSWord
- LibreOffice
- Stylo
- Lodel
- le Pressoir
- Textual modeling
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Abstract
Depuis plus de quatre décennies, nos pratiques d’écriture numérique de- meurent largement influencées par une culture héritée de l’imprimé et des dispo- sitifs qui l’ont précédée. Cette continuité interroge les significations de l’écriture numérique et ses conditions de production, notamment dans un environnement conçu pour le calcul. Cette thèse s’intéresse aux environnements d’écriture numérique et à leur rôle dans la production de sens. Loin d’être de simples outils techniques ou des interfaces graphiques, ces environnements reposent sur des modèles textuels – comme les formats DOCX et ODT – qui incarnent des théories du texte et définissent formellement le sens des éléments textuels mobilisés lorsque nous écrivons. Cette recherche s’appuie sur les méthodes des Science and Technology Studies afin de constituer une biographie des environnements étudiés et d’analyser les pratiques d’écriture à partir de documents produits dans deux contextes éditoriaux en sciences humaines et sociales. L’étude porte plus particulièrement sur Microsoft Word, LibreOffice et Stylo, ainsi que sur Lodel/OpenEdition et le Pressoir qui servent à transformer ces documents pour les publier. À partir de l’observation des documents produits par ces environnements, que l’on recoupe avec leur documentation technique, cette thèse montre qu’il y a des variations du sens produit par le dispositif d’écriture selon les modèles textuels mobilisés. Cette thèse montre également que la conception graphique des éléments textuels n’est pas uniquement située sur nos écrans, au niveau de l’interface ou du traitement de l’affichage. Il s’agit en effet d’une conception plus profonde de nos modes d’écriture que l’on retrouve dans la définition même des éléments décrits dans les spécifications des formats, que ce soit des formats de texte brut ou des formats de traitement de texte.
For over 40 years, our digital writing practices have been mostly influenced by a culture that came from print and the devices that came before it. This makes us ask questions about what digital writing means and how it is produced, especially in a computing environment. This thesis looks at how digital writing tools are used to create meaning. These tools are more than just technical tools or graphical interfaces. They are based on textual models, such as DOCX and ODT formats. These models are theories of text and formally define the meaning of the textual elements we use when we write. This research uses methods from Science and Technology Studies to create a biography of the environments studied and to analyse writing practices based on documents produced in two different editorial contexts in the humanities and social sciences. The study looks in more detail at the Microsoft Word, LibreOffice and Stylo environments, as well as on environments for changing these documents for publication, Lodel/OpenEdition and le Pressoir. After looking closely at the documents from these environments and comparing them with their technical documents, this thesis shows that the meaning of the writing system changes depending on the text model used. This thesis also shows that the way text looks is not only on our screens, at the level of the interface or display processing. It is actually a more complex design of our writing modes that can be found in the definition of the elements described in the format specifications, whether plain text formats or word processing formats