Dans les tripes : enquête sur les femmes entre deux âges qui dansent le flamenco
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Keywords
- Flamenco
- Élèves
- Women
- Middle age
- Career
- Montréal
- Loisir sérieux
- Femmes
- Âge moyen
- Carrière
- Students
- Montreal
- Serious leisure
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Abstract
Cette recherche retrace le parcours de treize élèves de flamenco à Montréal. Elles sont pour la plupart blanches, québécoises, éduquées et âgées entre quarante et cinquantecinq ans. Le flamenco les prend « dans les tripes ». À partir d’entretiens et d’observation dans des cours de danse, des spectacles et des soirées festives organisées par la communauté flamenca montréalaise, j’explore les motivations qui poussent ces élèves à pratiquer une danse qu’elles considèrent comme complexe et difficile. L’analyse de la « carrière » des élèves de flamenco, guidée par la démarche de Muriel Darmon (2003), nuance l’image première d’une « révélation » qui réduirait leur attrait pour le flamenco à une affaire individuelle faite d’affinités et de dispositions naturelles. Je propose de considérer le flamenco comme un « loisir sérieux » (Stebbins 1992), qui s’accompagne d’un véritable « travail » sur leurs dispositions. Traçant le contour d’un « éthos » orienté vers un certain plaisir ascétique, je décris ensuite comment ce dernier se décline dans l’optimisation de leur temps et de leur corps. En prenant en compte les origines sociales des enquêtées, je propose des pistes de réflexion sur le lien entre le flamenco, leur âge et leur conception de la féminité. Ma présence en tant que chercheuse et élève de flamenco est explicitée par le biais d’une écriture réflexive inspirée du « texterecherche » (Jablonka 2014), qui consiste à « raconter la méthode ». Combinant analyse sociologique, vignettes et descriptions ethnographiques, mon enquête cherche à rester au plus près de l’expérience de ces femmes « entre deux âges » en reconstituant les pratiques qui les ont menées à faire du flamenco une composante essentielle de leur vie quotidienne.
This research traces the journey of thirteen flamenco students in Montreal. They are mostly white, Quebecers, educated and aged between forty and fiftyfive. Flamenco takes them “in the guts”. Based on interviews and observation in dance classes, shows and festive evenings organized by the Montréal flamenco community, I explore the motivations that push these students to practice a dance that they consider complex and difficult. The analysis of the “career” of flamenco students, guided by Muriel Darmon’s approach (2003), nuances the initial image of a “revelation” which would reduce their attraction for flamenco to an individual affair made up of affinities and natural dispositions. I propose to consider flamenco as a “serious leisure” (Stebbins 1992), which is accompanied by a real “work” on their selves. Tracing the outline of an “ethos” oriented towards a certain ascetic pleasure, I describe how the latter is expressed in the optimization of their time and their body. By taking into account the social origins of the respondents, I explore areas for reflection on the relation between flamenco, their age and their conception of femininity. My presence as a researcher and as a flamenco student is exposed through reflective writing inspired by the “research text” (Jablonka 2014), which consists of “recounting the method”. Combining sociological analysis, vignettes and ethnographic descriptions, my investigation seeks to stay as close as possible to the experience of the “middleaged” women by reconstructing the practices that led them to make flamenco an essential component of their daily lives.