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Améliorer la surveillance des infections associées aux soins de santé au Canada


Thèse ou mémoire / Thesis or Dissertation
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Doctorat / Doctoral

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Keywords

  • Infections nosocomiales
  • Staphylococcus aureus résistants à la méthicilline
  • Canadian Nosocomial Infection Surveillance Program
  • Case definitions
  • Comparability
  • Concordance
  • Infections à Clostridioides difficile
  • Programme Canadien de Surveillance des Infections Nosocomiales
  • Définitions de cas
  • Comparabilité
  • Concordance
  • Healthcare-associated infections
  • Methicillin-resistant Staphylococcus aureus
  • Clostridioides difficile infections

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Abstract

Les personnes qui reçoivent des soins de santé ne devraient pas craindre d’être infectées pendant ce processus. Pourtant, c’est malheureusement une réalité trop fréquente : les infections nosocomiales sont la principale cause d’effets indésirables liés aux soins de santé. Chaque année, des millions de personnes en sont victimes. Ces infections entraînent des conséquences graves, tant en termes de morbidité et de mortalité qu’en termes de coûts financiers considérables. Pour aggraver la situation, de nombreux micro-organismes multirésistants jouent un rôle important dans ces infections. La surveillance active est un moyen clé de prévenir les infections nosocomiales. Qu’il s’agisse de comprendre ce qui se passe dans les établissements de santé, d’identifier des tendances émergentes ou de détecter et prévenir des épidémies, son rôle est crucial. D’ailleurs, la plupart des pays disposent d’un ou plusieurs programmes de surveillance des infections nosocomiales. Ce sujet sera exploré dans ce document. L’objectif de cette thèse était de déterminer s’il est possible d’améliorer la surveillance des infections associées aux soins de santé au Canada. Comme première étape, nous avons d’abord mené un scoping review pour examiner les pratiques dans les pays à revenu élevé de quatre régions du monde : les États-Unis, l’Angleterre l’Europe et l’Australie. En nous concentrant sur les mécanismes des programmes de surveillance, nous avons constaté que de nombreux pays disposaient d’un système fédéral de surveillance des infections nosocomiales (28 sur 35 étudiés), dont la majorité étaient basés sur une participation volontaire. Les principales infections surveillées incluaient les infections à Clostridioides difficile (ICD), ainsi que les infections liées aux chirurgies des genoux, des hanches et des césariennes. Nous avons eu la chance de discuter avec des professionnels de la santé lors de diverses occasions. Ces échanges ont révélé une réelle volonté de participer à un système de surveillance pancanadien et la reconnaissance de nombreux avantages potentiels. Toutefois, deux défis majeurs ont été identifiés : l’augmentation de la charge de travail (notamment en raison du dédoublement des définitions de cas) et des enjeux politiques liés au partage de données sensibles. Depuis 2022, le Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN) permet de participer à une surveillance via un système de données simplifiées (minimal dataset). Ce mode de surveillance diminue les enjeux liés au partage de données sensibles, car seules les données agrégées (nombre de cas et jours-présence) sont partagées. Pour répondre au problème du dédoublement du travail, nous avons mené un test de concordance entre les définitions de cas provinciales et celles du PCSIN. L’hypothèse était que, si les définitions étaient comparables, les provinces pourraient continuer à utiliser leurs propres définitions tout en participant à la surveillance pancanadienne. Nous avons identifié neuf éléments discordants pour les définitions des ICD et sept pour celles des infections à Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM). À l’aide de bases de données provenant de deux hôpitaux québécois, nous avons catégorisé chacun des patients s’ils répondaient aux définitions de cas de chaque province et du PCSIN. Finalement, nous avons testé la concordance pour ces deux types d’infections. La raison de choix est qu’elles sont les plus surveillées dans les provinces canadiennes. Dans les deux cas, la concordance obtenue était presque parfaite. Finalement, nous avons évalué l’impact des différences dans les définitions de cas grâce à des simulations paramétriques. À partir des éléments discordants identifiés dans les analyses précédentes, nous avons utilisé un modèle multivarié de Bernoulli pour générer des cohortes en conservant les relations entre les éléments et les proportions attendues. Dans l’analyse de référence, deux provinces présentaient des proportions de cas nosocomiaux différentes de celles du PCSIN : l’Ontario pour le SARM et Terre-Neuve-et-Labrador pour les ICD. Nous avons ensuite fait varier, dans chaque simulation, les proportions de chaque élément (individuellement ou par groupe pour des analyses provinciales) de 5 % à 95 %, par bonds de 5 %. Les résultats ont montré que, malgré des différences dans les définitions de cas, il est possible d’obtenir des comparaisons valides pour plusieurs provinces dans de nombreux scénarios.


Individuals receiving healthcare should not have to fear becoming infected during the process. Unfortunately, this remains a frequent reality: healthcare-associated infections (HAIs) are the leading cause of adverse events in healthcare. Each year, millions of people are affected. These infections have serious consequences in terms of morbidity and mortality and impose substantial financial burdens. To complicate matters further, many multidrug-resistant microorganisms play a significant role in HAIs. Active surveillance is a key strategy for preventing HAIs. Its role is critical for understanding healthcare-associated trends, identifying emerging patterns, and detecting and preventing outbreaks. Most countries have established one or more HAI surveillance programs, highlighting its importance. This topic will be explored in this document. The objective of this thesis was to evaluate whether it is possible to improve HAI surveillance in Canada. The first step involved conducting a scoping review to examine HAI surveillance practices in high-income countries across four regions: the United States, the United Kingdom, Europe, and Australia. By focusing on the functioning of surveillance programs, we identified that many countries had a federal-level HAI surveillance system (28 of 35 studied), most of which were voluntary. The main infections under surveillance included Clostridioides difficile infections (CDIs) and those associated with knee and hip surgeries as well as cesarian sections. Subsequently, discussions were held with healthcare professionals on several occasions. These discussions revealed a genuine willingness to participate in a pan-Canadian surveillance system and the recognition of its many potential benefits. However, two major challenges were identified: increased workload (notably due to duplication of case definitions) and political challenges related to sharing sensitive data. Since 2022, the Canadian Nosocomial Infection Surveillance Program (CNISP) has allowed participation in surveillance through a minimal dataset system. This approach reduces issues related to sensitive data sharing, as only aggregated data (e.g., case counts and patient-days) are shared. To address the issue of workload duplication, a concordance test was conducted between provincial case definitions and those of CNISP. The hypothesis was that if case definitions were comparable, provinces could retain their own definitions while still contributing to pan-Canadian surveillance. We identified eight discordant elements for CDI definitions and nine for methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) definitions. Using patient data from two hospitals in Quebec, we classified each patient according to both provincial and CNISP case definitions. Ultimately, concordance tests were conducted for MRSA and CDI, as these were the most surveyed infections across Canadian provinces. In both cases, concordance was found to be almost perfect. Finally, the impact of differences in case definitions was evaluated using parametric simulations. Starting with the discordant elements identified in the previous analyses, we used a multivariate Bernoulli model to generate cohorts while maintaining the relationships between elements and expected proportions. In the reference analysis, two provinces exhibited nosocomial case proportions that differed from those of CNISP: Ontario for MRSA and Newfoundland and Labrador for CDI. Subsequently, in each simulation, the proportions of each element (individually or grouped for provincial analyses) were varied from 5% to 95% in increments of 5%. Results showed that, despite differences in case definitions, valid comparisons are possible for several provinces under various scenarios.

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