Les séquelles psychologiques de l'intimité sexuelle en psychothérapie
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Keywords
- Séquelles psychologiques
- Rapprochement sexuel
- Psychothérapie
- Mécanismes d’adaptation
- Détresse subjective
- Support social
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Abstract
Le premier objectif du présent travail est d'évaluer l'ampleur des séquelles psychologiques observées chez un groupe de clientes qui ont vécu des rapprochements sexuels avec leur psychothérapeute en cours de traitement. Deux objectifs complémentaires s'y greffent soit, l'identification des mécanismes d'adaptation utilisés par les victimes pour composer avec cet événement perturbateur et l'examen du lien entre ces mécanismes d'adaptation et le niveau de détresse psychologique observé à la suite du contact sexuel en psychothérapie. Deux mécanismes d'adaptation sont étudiés: le processus d'attribution du blâme et le recours à un réseau de support social. L'échantillon se compose de 76 clientes qui ont complété un traitement psychothérapeutique. Cinquante et une de ces clientes ont été recrutées par le biais des médias et les 25 autres proviennent de la clientèle du Service de Psychologie de l'Université de Montréal. Elles se répartissent comme suit: 42 clientes qui ont vécu une intimité sexuelle avec leur thérapeute et sont retournées en consulter un deuxième, 9 clientes qui ont vécu une intimité sexuelle avec leur thérapeute et qui n'ont jamais consulté par la suite, et 25 clientes qui ont suivi un processus thérapeutique sans rapprochement sexuel avec leur thérapeute. Le degré de détresse psychologique des clientes est déterminé à l'aide de l'index de symptômes psychiatriques (llfeld, 1976) et l'estime de soi des clientes est mesuré à l'aide de l'échelle de l'estime de soi (Rosenberg, 1965). L'échelle d'évaluation des séquelles d'un événement (Horowitz, Wilner et Alvarez, 1979) et l'échelle des conséquences du rapprochement sexuel thérapeute-client (Valiquette et Sabourin, 1987) sont utilisées pour évaluer le degré de III détresse subjective vécue suite à l'intimité sexuelle. Le questionnaire d'attribution du blâme (Inspiré de Shaver, 1985 et de Shuitz, 1987) et le questionnaire d'évaluation du support social (Sarason et Shearin, 1986) constituent les instruments de mesure des deux mécanismes d'adaptation étudiés. Les résultats des analyses multivariées révèlent que l'effet de l'intimité sexuelle manifeste par I absence d'amélioration habituellement associée à la psychothérapie plutôt par une détérioration marquée du fonctionnement psychologique des sujets. Par contre analyse de la validité clinique des résultats permet d'inférer que l'intimité sexuelle pendant la psychothérapie est associée à de sérieuses séquelles psychologiques aiguës (court terme) et pour un pourcentage assez élevé de sujets. La présence de séquelles psychologiques chroniques (long terme) peut aussi être décelée mais chez un nombre de sujets moins grand. Ces résultats sont corroborés par ceux obtenus aux deux échelles mesurant le niveau de détresse subjective qui permettent même de comparer les répercussions du rapprochement sexuel client thérapeute, en nature et en gravité, à celles rapportées par des patients souffrant d'un état de stress post-traumatique. Les résultats des analyses corrélationnelles confirment que les catégories d'attribution et le réseau de support social sont deux facteurs impliqués dans l'ampleur des séquelles psychologiques suite à un rapprochement sexuel thérapeute-client.