Informal citizen recollections of historic national trauma : personalizing institutional memory of Belgian World War II civil resistance in Flanders
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Keywords
- résistance civile
- Seconde Guerre mondiale
- hegemonic memory
- representation theory
- personal memory
- mémoire collective
- mémoire hégémonique
- postmemory
- théorie de la représentation
- mémoire personnelle
- civil resistance
- World War II
- collective memory
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Abstract
L’historiographie belge a longtemps souligné l’absence de la résistance civile au régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale dans la mémoire collective nationale (Aerts & De Wever, 2012). Étant donné que la mémoire est étroitement liée aux intérêts politiques et reflète les relations de pouvoir hégémoniques (Foote & Azaryahu, 2007), ce mémoire s’interroge sur la manière dont les citoyens flamands abordent la mémoire de la résistance, et sur la manière dont leurs pratiques mémorielles personnelles s’inscrivent dans les modes de commémoration institutionnels dominants. À ma connaissance, peu d’informations sont actuellement disponibles à ce sujet. Cette étude s’appuie sur les théories de Stuart Hall (1977, 1980, 1997) de la représentation et d’encodage-décodage, qui soulignent la pluralité des façons dont la mémoire peut être appropriée, ainsi que sur la conception de Maurice Halbwachs (1992) selon laquelle la mémoire est construite socialement. Treize entretiens semi-structurés ont été menés afin de répondre aux questions de recherche suivantes : Comment les citoyens flamands s'engagent-ils dans la commémoration de la résistance civile belge au régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale ? Dans quelle mesure leurs pratiques mémorielles reproduisent-elles ou rejettent-elles la mémoire officielle ? Les résultats révèlent que la mémoire des citoyens prend principalement la forme d'une négociation avec la mémoire hégémonique. La mémoire de la résistance est fortement liée à la proximité émotionnelle avec des proches et des figures locales importantes de la résistance, et s'articule autour de discours héroïques ancrés dans les faiblesses humaines, de récits centrés sur les hommes et d'une reconnaissance des formes diverses et idéologiquement contestées de la résistance. Les citoyens flamands personnalisent la mémoire institutionnelle en affirmant leur agentivité dans le choix de qui, de quoi et de comment se souvenir, en adaptant les cadres officiels à leurs propres besoins et préférences, et en ne reconnaissant la mémoire hégémonique que lorsqu’elle sert leur propre souvenir. Cependant, cette négociation ne se traduit pas nécessairement par un contrôle accru des citoyens et peut paradoxalement renforcer la mémoire officielle dominante. Pour tous, se souvenir de la résistance relève moins d'une histoire abstraite et lointaine que de la préservation de l'héritage d'individus qui ont eu une importance personnelle. Ces approches personnalisées soulignent la valeur et la pertinence durables de la mémoire de la résistance civile dans la vie quotidienne, ainsi que le rôle central de l'agentivité citoyenne dans la formation d'une mémoire collective personnalisée.
Belgian historiography has long noted the absence of the civil resistance to the Nazi regime during World War II within national collective memory (Aerts & De Wever, 2012). Since remembrance is interconnected with political interests and reflects hegemonic power relations (Foote & Azaryahu, 2007), this Master’s thesis questions how ordinary Flemish citizens engage with the memory of the civil resistance in the 21st century, and how their informal, personal memory practices relate to dominant institutional ways of remembering. Little or nothing appears to be known about this in academic literature. This study draws on Stuart Hall’s (1977, 1980, 1997) representation and encoding-decoding theories, which highlight the plurality of ways memory can be appropriated, and on Maurice Halbwachs’s (1992) conception of memory as socially constructed. Thirteen semi-structured interviews were conducted to answer the following research questions: How do Flemish citizens engage in the remembrance of the Belgian civil resistance to the Nazi regime during World War II? To what extent do their memory practices reproduce or refuse official remembrance? Findings reveal that citizen remembrance predominantly takes the form of negotiation with hegemonic memory. Resistance memory is strongly tied to emotional nearness to relatives and significant local resistance figures and is articulated through discourses of heroism rooted in human flaws, male-centered narratives, and a recognition of diverse, ideologically contested forms of resistance. Flemish citizens personalize institutional remembrance by asserting agency in deciding who, what, and how to remember, adapting official frameworks to their own needs and preferences, and recognizing hegemonic memory only when it serves their own remembrance. However, such negotiation does not necessarily translate into greater citizen control and can paradoxically reinforce dominant official remembrance. For all, remembering the resistance is less about engaging with abstract distant history than about preserving the legacies of personally significant individuals. These personalized approaches underline the enduring worth and relevance of civil resistance memory in everyday lives and the central role of citizen agency in shaping personalized collective memory.