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Ambitions de croissance des entrepreneur·e·s : une étude des effets de la santé mentale et de la conciliation de la vie professionnelle et personnelle en fonction du genre


Thèse ou mémoire / Thesis or Dissertation
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Doctorat / Doctoral

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Keywords

  • Entrepreneuriat
  • Genre
  • Ambitions de croissance
  • Conciliation de la vie professionnelle et personnelle
  • Santé mentale
  • Entrepreneurship
  • Growth ambitions
  • Gender
  • Work-life balance
  • Mental health

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Abstract

Cette thèse explore les ambitions de croissance des entrepreneur·e·s au Québec en examinant l’influence de la santé mentale et de la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, avec une attention particulière portée aux différences de genre. L’entrepreneuriat constitue un levier important de développement économique, notamment au Québec où les petites et moyennes entreprises représentent 99,8 % de l’ensemble des entreprises. Pourtant, des inégalités de genre persistent, affectant les trajectoires entrepreneuriales des femmes. Celles-ci sont souvent à la tête d’entreprises de plus petite taille et moins prospères, en raison notamment d’une répartition inégalitaire des responsabilités domestiques, de stéréotypes persistants ainsi que d’un accès inégal aux ressources de soutien. La question centrale de la thèse est la suivante : « Quelles sont les différences en termes d’ambitions de croissance entre les femmes et les hommes ? ». Pour y répondre, la thèse s’intéresse aux différentes dimensions qui composent les ambitions de croissance – à savoir les attentes et les intentions – en réponse à l’absence de consensus dans la littérature sur la manière de les définir, de les mesurer et de les interpréter. Ces deux dimensions, bien que complémentaires, renvoient à des temporalités et à des degrés d’engagement distincts, ce qui en fait des indicateurs clés pour comprendre les processus décisionnels des entrepreneur·e·s. En analysant séparément les attentes et les intentions, cette thèse apporte une meilleure compréhension des mécanismes qui influencent les trajectoires entrepreneuriales. Trois cadres théoriques principaux guident l’analyse : la théorie du comportement planifié, qui éclaire les processus menant à la formation des intentions ; la théorie des ressources et des capacités dynamiques, qui met l’accent sur la santé mentale pour développer des capacités stratégiques ; et la théorie des rapports sociaux de sexe, qui met en lumière les inégalités systémiques influençant les choix et possibilités des femmes. En ce sens, cette recherche contribue à enrichir les approches classiques de l’entrepreneuriat en intégrant une lecture critique des rapports de pouvoir et des inégalités structurelles. Méthodologiquement, la thèse adopte une approche mixte. Le premier article s’appuie sur l’analyse d’une base de données représentative de 1 123 entrepreneur·e·s québécois·es, et met en lumière les effets différenciés du genre, de la conciliation de la vie professionnelle et personnelle ainsi que la santé mentale sur les ambitions de croissance. Le second article, fondé sur des entretiens semi-directifs avec 30 entrepreneur·e·s, permet de mieux comprendre les ajustements et pratiques opérés au quotidien pour concilier les exigences professionnelles et personnelles et maintenir un état de santé mentale adéquat. Les résultats montrent que les ambitions de croissance sont façonnées par les conditions de vie et les ressources disponibles, notamment en matière de soutien psychologique et de répartition des charges familiales. Les femmes entrepreneures ne manquent pas d’ambition, mais sont limitées par des contraintes concrètes et structurelles. À l’inverse, des ajustements efficaces de conciliation peuvent favoriser une meilleure santé mentale et des ambitions accrues. Cette thèse propose ainsi une conception plus humaine et responsable de la croissance, qui ne repose pas uniquement sur la performance financière, mais aussi sur le bien-être et l’équilibre de vie. Enfin, cette recherche contribue au renouvellement du champ des relations industrielles en y intégrant les réalités entrepreneuriales. Elle rappelle que les enjeux de santé mentale, d’égalité des chances et de qualité de vie au travail concernent aussi celles et ceux qui créent et soutiennent l’économie. Elle montre que les relations industrielles ont toute leur pertinence pour penser les conditions de travail des entrepreneur·e·s, souvent négligées dans les analyses classiques. À travers cette perspective, les relations industrielles s’affirment comme un champ pertinent pour penser un entrepreneuriat plus équitable, durable et socialement responsable.


This thesis explores the growth ambitions of entrepreneurs in Quebec by examining the influence of mental health and the balance between professional and personal life, with particular attention paid to gender differences. Entrepreneurship represents an important lever for economic development, especially in Quebec, where small and medium-sized enterprises (SMEs) account for 99.8% of all Canadian businesses. However, gender inequalities persist, affecting the entrepreneurial trajectories of women. They are often at the head of smaller and less prosperous businesses, due in part to the unequal division of domestic responsibilities, persistent stereotypes, and unequal access to support resources. The central question of this thesis is: “What are the differences in growth ambitions between women and men?” To address this, the thesis examines the various dimensions that make up growth ambitions—namely expectations and intentions—in response to the lack of consensus in the literature on how to define, measure, and interpret them. These two dimensions, while complementary, reflect distinct timeframes and degrees of commitment, making them key indicators for understanding entrepreneurs’ decision-making processes. By analyzing expectations and intentions separately, this research provides a better understanding of the psychological and contextual mechanisms that influence entrepreneurial trajectories. Three main theoretical frameworks guide the analysis: the theory of planned behavior, which sheds light on the processes that lead to the formation of intentions; the resource-based view and dynamic capabilities theory, which emphasize mental health in the development of strategic capabilities; and the theory of gender relations, which highlights the systemic inequalities shaping women’s choices and opportunities. In this respect, the research aims to enrich classical approaches to entrepreneurship by integrating a critical perspective on power dynamics and structural inequalities. Methodologically, the thesis adopts a mixed-methods approach. The first article draws on a representative dataset of 1,123 Quebec entrepreneurs and highlights the differentiated effects of gender, work-life balance, and mental health on growth ambitions. The second article, based on semi-structured interviews with 30 entrepreneurs, provides deeper insights into the everyday strategies and mechanisms used to balance personal and professional demands and maintain mental well-being. The results show that growth ambitions are shaped by living conditions and the resources available, particularly in terms of psychological support and the distribution of family responsibilities. Women entrepreneurs are not lacking in ambition but are constrained by concrete and structural limitations. In contrast, effective work-life adjustments can enhance mental health and support higher ambitions. This thesis thus proposes a more human and responsible view of growth—one that values not only financial performance but also well-being and life balance. Finally, this research contributes to the renewal of the field of industrial relations by incorporating entrepreneurial realities. It reminds us that issues of mental health, equal opportunity, and quality of work life also concern those who create and sustain the economy. It shows that industrial relations have strong relevance for addressing the working conditions of entrepreneurs, who are often overlooked in traditional analyses. Through this perspective, industrial relations emerge as a vital field for envisioning a more equitable, sustainable, and socially responsible form of entrepreneurship.

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