Activisme numérique propalestinien : dynamiques de censure et tactiques de résistance sur les médias sociaux
Date
Authors
Contributor(s)
Advisor(s)
Published in
Conference Date
Conference Place
Publisher
Degree Level
Discipline
Affiliation
Keywords
- Activisme numérique
- résistances numériques
- social media
- moderation
- pro-Palestinian movements
- social movements
- censure algorithmique
- réseaux sociaux numériques
- modération
- mouvements propalestiniens
- mouvements sociaux
- Social media activism
- digital resistance
- algorithmic censorship
Funding organization(s)
Abstract
Les réseaux sociaux numériques jouent un rôle de plus en plus crucial dans le contrôle des flux d’informations en ligne. La mise en visibilité des contenus publiés sur ces plateformes repose en partie sur des algorithmes opaques et des systèmes de modération complexes, parfois défaillants. Dans un contexte d’activisme, des contenus politiques publiés pour informer, coordonner, ou organiser des actions militantes peuvent se heurter à des formes de censure ou d’invisibilisation. Ceci soulève d’importants enjeux de liberté d’expression et de participation démocratique. Ce mémoire se penche spécifiquement sur le cas de l’activisme numérique propalestinien. Partant d’une méthodologie qualitative, l’étude se base sur les témoignages de huit militants impliqués dans la défense de la cause palestinienne sur les médias sociaux dominants. Ces témoignages, recueillis au moyen d’entrevues semi-directives, mettent en lumière les perceptions des participants sur les mécanismes de contrôle et de censure algorithmiques, en particulier sur Facebook et Instagram entre 2023 et 2024. Ils révèlent également les tactiques de résistance numérique que ces derniers utilisent pour contourner, déjouer ou composer avec les formes de censure et les restrictions dont ils semblent faire l’objet. La distinction conceptuelle entre stratégies et tactiques, théorisée par Michel de Certeau est mobilisée comme cadre analytique pour éclairer ces pratiques et rendre compte des dynamiques de pouvoir et de contre-pouvoir à l’oeuvre. L’analyse des résultats aboutit à une cartographie préliminaire des mécanismes opaques de censure et de modération ainsi qu’à l’articulation d’une typologie des tactiques de résistance numérique utilisées par les activistes interrogés. Ceci apporte une modeste contribution à la sociologie des usages numériques. En outre, les résultats de l’étude révèlent des tensions au niveau de la compréhension des systèmes de modération automatisée et des algorithmes. En dépit de cela, les activistes tentent d’en décrypter le fonctionnement en se basant essentiellement sur un savoir expérientiel. Certaines tactiques découlent d’ailleurs de ces interprétations : les activistes tâtonnent, tentent de manipuler les algorithmes dans l’espoir de contourner ou de limiter l’invisibilisation de leurs contenus et de leurs comptes.
Social media play an increasingly crucial role in controlling the flow of online information. The visibility of content shared on these platforms is partly governed by opaque algorithms and complex, sometimes faulty, moderation systems. In the context of activism, political content intended to inform, mobilize, or coordinate collective actions can encounter algorithmic suppression or reduced visibility. This raises important issues related to freedom of expression and democratic participation. This thesis focuses specifically on pro-Palestinian digital activism. Using a qualitative methodology, the study draws on the perspectives of eight activists involved in pro-Palestinian advocacy on major mainstream social media platforms. Using semi-structured interviews, this research sheds light on participants’ perceptions of algorithmic control and censorship mechanisms, particularly on Facebook and Instagram between 2023 and 2024. The interviews also reveal the digital resistance tactics used by these activists to bypass, outmaneuver, or adapt to the restrictions and censorship they seem to experience. Michel de Certeau’s distinction between strategies and tactics serves as an analytical framework to interpret these practices and examine the underlying dynamics of power and resistance. Analysis of the results leads to a preliminary mapping of opaque censorship and moderation mechanisms, as well as the articulation of a typology of digital resistance tactics used by the activists interviewed. This makes a modest contribution to the sociology of digital uses. Additionally, the findings reveal tensions in the understanding of algorithmic moderation. Despite this, activists attempt to unravel how these systems operate by relying primarily on experiential knowledge. Some tactics stem from these interpretations: activists’ experiment and try to manipulate the algorithms in the hope of circumventing or limiting the invisibilization of their content and accounts.