(Méga)données et campagnes électorales : entre Data Work, reproduction sociale et Data Justice
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Keywords
- Campagne électorale
- Mégadonnées
- Electoral campaign
- Big data
- Canadian elections
- Data capitalism
- Systemic oppression
- Co-liberation
- Data work
- Élections canadiennes
- Data-driven campaign
- Capitalisme de données
- Oppressions systémiques
- Travail de reproduction sociale
- Co-libération
- Data justice
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Abstract
L’usage des (méga)données en campagne électorale est une pratique répandue au Canada et au Québec depuis plusieurs décennies. Ces (méga)données et les bases de données qualifiées sont vues comme des outils efficaces et efficients pour une campagne victorieuse. Leur usage a mené à la marketisation et à la datafication des processus électoraux, ainsi qu’à la professionnalisation de la gestion de données au sein des équipes de campagne. Or, ce ne sont pas que les structures internes des partis politiques qui ont changé dans la foulée de ces Data-Driven Campaigns. Les relations de pouvoir entre l’électorat et le politique s’en sont d’autant plus renforcées. Ce texte cherche alors à comprendre comment le Data Work s’inscrit comme travail de reproduction sociale dans les processus électoraux démocratiques. Je tente une réponse en mettant de l’avant le travail et les relations de pouvoir qui entourent ces données. J’aborde également la place des systèmes d’oppression dans ce capitalisme de données et pose l’horizon de la co-libération et de la Data Justice pour une démocratie plus juste. À travers ce projet, je souhaite contribuer au débat sur l’usage des technologies de données dans nos institutions publiques et recentrer les gens dans nos processus électoraux démocratiques. Je crois que les électeur·rices ont le droit de savoir comment les technologies de campagne informent leurs possibilités de participation à la démocratie canadienne. J’espère aussi que mon analyse jette une perspective rafraichissante sur la politique institutionnelle et permet une redéfinition du politique comme un espace de participation plus large dans l’imaginaire collectif.
The use of (big) data in electoral campaigns has been a widespread practice in Canada and Quebec for several decades. These (big) data and qualified databases are seen as effective and efficient tools for a winning campaign. Their use has led to the marketization and datafication of electoral processes, as well as the professionalization of data management within campaign teams. But it is not just the internal structures of political parties that have changed in the wake of these Data- Driven Campaigns. Power relations between the electorate and politics have also been strengthened. This essay seeks to understand how data work is embedded as a work of social reproduction in democratic electoral processes. I attempt an answer by putting forward the work and power relations that surround such data. I also address the role of systems of oppression in this data capitalism and explore co-liberation and data justice for a fairer democracy. Through this project, I hope to contribute to the debate on the use of data technologies in our public institutions and re-center people in our democratic electoral processes. I believe that voters have a right to know how campaign technologies inform their opportunities to participate in Canadian democracy. I also hope that my analysis casts a refreshing perspective on institutional politics and enables a redefinition of politics as a broader space of participation in the collective imagination.